Une dentelle femme de qualité se reconnaît à son type (Leavers, Chantilly, guipure ou dentelle mécanique plus simple), à sa composition, à la netteté de ses bords et de ses coutures, et à une doublure adaptée à la pièce. Ces quatre points se vérifient en boutique ou sur une fiche produit, sans connaître le métier à tisser.
Types de dentelle femme : Leavers, Chantilly, guipure et Alençon
La dentelle de Chantilly est une dentelle aux fuseaux en soie noire ou blanche, travaillée en fils continus, avec des motifs de paniers, de vases ou de fleurs. Elle donne un rendu fin et très dessiné, fréquent sur les hauts et les robes de soirée.
La guipure se distingue par son fond : des brides ou des fils jetés remplacent la maille, et les motifs sont reliés entre eux. Classiquement en coton, elle est plus structurée et tient mieux la forme d’une robe ou d’un haut, comme pour un galon de dentelle pour une robe de mariée.
La dentelle d’Alençon est faite à l’aiguille, à la main. Elle demande environ sept heures de travail par centimètre carré et figure depuis 2010 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO : on ne la trouve pas sur un vêtement courant, et une mention « Alençon » sur une pièce bon marché doit alerter.
Dentelle Leavers ou dentelle mécanique : reconnaître la différence
La dentelle Leavers date de 1813 : elle associe la technique Jacquard au procédé de Heathcoat et permet de reproduire à peu près tous les motifs. Les métiers sont concentrés à Calais et à Caudry, qui restent les références de la dentelle mécanique haut de gamme.
Face à elle, les dentelles produites sur des machines plus rapides sont plus plates et moins chères. Elles conviennent très bien à un haut du quotidien, à condition de ne pas payer leur prix comme celui d’une dentelle Leavers.

Trois signes se lisent à l’œil nu et au toucher :
- le relief des motifs, plus marqué et plus souple sur une dentelle fine que sur une dentelle plate et raide ;
- la régularité du dessin, qui doit se répéter sans décalage d’un bout à l’autre de la pièce ;
- des bords festonnés, c’est-à-dire découpés suivant le motif, plutôt qu’un bord coupé droit.
Composition de la dentelle : coton, soie, polyamide et élasthanne
L’étiquette indique la composition en fibres, et elle renseigne plus que la photo. Le coton et la soie donnent une dentelle respirante, au toucher sec ; le polyamide la rend plus résistante et plus légère ; la viscose apporte du tombé mais boulochera plus vite.
Une part d’élasthanne rend une pièce ajustée plus confortable, ce qui compte pour un body ou un haut près du corps. Pour les pièces qui se portent à la maison, les matières douces décrites pour les tenues d’intérieur confortables restent la base d’un bon confort.
Finitions, coutures et doublure : les points à vérifier en cabine
Regardez d’abord les coutures latérales : sur une robe dentelle femme ou une combinaison en dentelle, les motifs doivent se raccorder d’un panneau à l’autre. Un raccord décalé signale une coupe faite sans soin, quel que soit le prix.
La doublure compte autant que la dentelle. Une doublure pleine opacifie une robe, une doublure partielle laisse la dentelle respirer sur les épaules et le dos, et une doublure couleur chair évite l’effet de transparence sur un haut. Un body en dentelle se juge, lui, à ses bords élastiques et à ses fermetures, qui ne doivent pas marquer sous un vêtement ; pour la partie lingerie visible, voir ces dessous en dentelle.
Au bureau, un haut en dentelle chic se porte sous une veste : la doublure et l’encolure doivent alors tenir sans bouger, comme dans une tenue chic au bureau.
Quel prix pour une pièce en dentelle de qualité
Une dentelle Leavers coûte nettement plus cher au mètre qu’une dentelle mécanique plus simple, et le prix d’une robe ou d’un haut suit cet écart. Un prix très bas est cohérent sur une dentelle plate en polyamide ; il l’est beaucoup moins quand la fiche promet une dentelle fine, aux fuseaux ou à l’aiguille.
Le rapport entre la promesse et le prix est le meilleur test : une pièce annoncée en dentelle d’Alençon à quelques dizaines d’euros ne correspond à aucun travail réel.
Entretenir la dentelle pour qu’elle dure
Le lavage à la main, à l’eau tiède, abîme moins la dentelle que la machine. Si la machine est inévitable, un filet de lavage et un programme délicat limitent l’accroc des motifs, sans essorage fort.

Le séchage à plat est la règle, jamais sur un radiateur. Le repassage se fait sur l’envers, avec un linge entre le fer et la dentelle, et en suivant les pictogrammes de l’étiquette.
Une dentelle bien choisie et bien lavée garde son dessin plusieurs saisons. Le contrôle des bords, de la doublure et de la composition avant l’achat reste ce qui évite le plus de déceptions.

